Le BALLF 2020 est arrivé !

Crédit A. Mahé

https://www.leprosy-information.org/resource/bulletin-de-lallf-revue-francophone-dinformation-sur-la-lepre-et-lulcere-de-buruli

Editorial du n° 35 du Bulletin de l’Association des Léprologues de Langue Française (2020)

COVID-19 et lèpre : il n’y a pas à choisir !

La pandémie au coronavirus SARS-CoV-2, responsable du tableau clinique plus ou moins sévère désigné sous le nom de COVID-19, à peine révélée, est devenue l’objet de toutes les attentions. De par le monde, la réaction des services de santé à ce phénomène a été, globalement, exceptionnelle – sans que l’on sache d’ailleurs, à la date de rédaction de cet article, si les efforts consentis seront suffisants.

Cependant, à côté de cet évènement médical effectivement majeur, un nouveau problème, plus sournois, se fait jour : celui du ralentissement, confinant parfois à l’arrêt, qu’on constate dans la prise en charge d’affections autres que le COVID-19, qu’il s’agisse d’affections aiguës (les patients ne consultent plus pour des symptômes qu’ils jugent « mineurs », alors qu’ils sont parfois annonciateurs de problèmes plus sévères évitables), ou de maladies chroniques (avec rupture du suivi).

La lèpre, maladie qui s’est toujours nourrie du désintérêt qu’on lui porte, est concernée par ce double risque. Même si des efforts d’adaptation s’avèrent nécessaires dans le contexte actuel, il serait dramatique que la pandémie au nouveau coronavirus compromette significativement les efforts de lutte contre la lèpre. Restons mobilisés, adaptons nos pratiques au contexte actuel, certes, mais, surtout, ne différons pas nos missions léprologiques !

Dr Antoine Mahé

Bonne lecture (en attendant la version papier…) !

Implications du Coronavirus disease 2019 (COVID-19) sur la prise en charge de la lèpre

Il ne faudrait pas que la redoutable pandémie au coronavirus SARS-CoV-2, responsable du tableau parfois gravissime désigné sous le nom de coronavirus disease 2019 (COVID-19), compromette significativement les efforts de lutte contre la lèpre. Cependant, des efforts d’adaptation des pratiques s’avèrent nécessaires.

Aussi, le Dr Christian Johnson, Président de l’association des léprologues de langue française (ALLF), souhaite-t-il diffuser un message émis par l’OMS, ILEP et Global partnership for Zero leprosy, ainsi qu’un autre issu de la Société brésilienne de lutte contre la maladie de Hansen.

La Rédaction

COVID-19 et lèpre : les recommandations de l’OMS, ILEP et Global partnership for Zero Leprosy

Conseils sur la lèpre et le COVID-19

Observations générales
➢  Les principales mesures préventives sont le lavage des mains à l’eau et au savon et l’éloignement social

➢  Il est important de suivre les conseils du gouvernement de votre pays concernant les voyages, le travail et les réunions sociales

➢  Toute personne présentant des symptômes respiratoires doit rester à la maison et téléphoner pour des conseils de santé

➢  Actuellement, rien n’indique une interaction spécifique entre la lèpre et COVID-19. 

Diagnostic et prise en charge clinique des malades de la lèpre
➢  L’OMS recommande que les programmes communautaires et les activités de dépistage soient reportées jusqu’à nouvel ordre; cela comprend le traçage des contacts et la chimioprophylaxie.

➢  Les soins dispensés aux patients dans les centres de santé, y compris le diagnostic et la prise en charge des cas, doivent continuer, en accordant une attention particulière au lavage des mains et à l’utilisation de masques faciaux, par le personnel de santé et les patients.  Les médicaments de poly-chimiothérapie (PCT) peuvent être fournis pour 2 ou 3 mois, afin de réduire la fréquentation du centre de santé.

➢  Les interventions non urgentes telles que la chirurgie reconstructive peuvent être reportées.

➢  L’évaluation de la fonction nerveuse doit continuer tous les trois mois pour les patients sous PCT, afin de réduire le risque de handicap futur. Le traitement des réactions doit également se poursuivre. 

➢  Des stéroïdes (prednisolone) doivent être administrés aux personnes affectées par la lèpre lorsqu’il existe une indication pour traiter la névrite. Les stéroïdes sont des médicaments immunosuppresseurs et peuvent donc augmenter la sensibilité au COVID-19, en particulier lors de leur utilisation pendant plusieurs années pour des maladies chroniques, telles que la polyarthrite rhumatoïde. Cet effet est lié à la dose et à la durée des stéroïdes administrés, de sorte que le cours typique de 20 semaines de prednisolone administré dans la lèpre est considéré d’avoir un risque minimal. Toute personne souffrant de toux devrait normalement être examinée pour la tuberculose avant de commencer les stéroïdes, donc, de même, le traitement aux stéroïdes peut être retardé de 2-3 semaines chez toute personne présentant des symptômes suggérant COVID-19. Quelques patients avec un ENL ont besoin de stéroïdes pendant une période plus longue; dans ces cas difficiles, les bénéfices des stéroïdes l’emportent généralement sur la faible augmentation du risque d’acquérir COVID-19.

➢  Si possible, il faut contacter les patients sous corticothérapie par téléphone ou via les réseaux sociaux pour s’assurer qu’ils prennent toutes les précautions possibles contre COVID-19.

Aspects de la lèpre liés à la santé publique lors de la pandémie de COVID-19
En cas d’épidémie ou pandémie, les pauvres, y compris les personnes atteintes de la lèpre, sont généralement affectées de manière disproportionnée. Les mesures qui aident à contrôler une pandémie, telles que la restriction des déplacements et la fermeture des lieux de travail, ont généralement un impact grave sur les groupes vulnérables. Elles peuvent également provoquer des troubles sociaux et entraîner une perte de revenus pour les individus et les familles.

➢  Une attention particulière devrait être accordée aux personnes vulnérables dans la communication sur les mesures recommandées par le gouvernement pour atténuer le risque de COVID-19. Un effort doit être fait pour atteindre les personnes touchées par la lèpre en utilisant plusieurs canaux médiatiques tels que téléphone portable, radio, brochures et affiches. 

➢  Il est important d’assurer la disponibilité de l’eau potable, surtout dans cette période, pour garantir la mise en œuvre des mesures préventives appropriées pour les malades et leurs proches. L’accès au service de santé doit être garanti de manière équitable à tous les patients dans la mesure du possible.

➢  Il est essentiel que les stocks de PCT soient correctement gérés, que la distribution des médicaments PCT se poursuive et que les commandes de PCT passées à temps. 

➢  Il faut éviter toutes les consultations et admissions non urgentes dans les établissements qui accueillent et admettent les patients COVID-19 afin de minimiser le risque pour les personnes affectées par la lèpre de devenir infectées. Des soins à domicile ou en milieu communautaire seraient alors préférés.

Services aux personnes en situation de handicap et / ou confrontées aux conséquences psychosociales de la lèpre
Les personnes touchées par la lèpre, en particulier celles souffrant de handicaps liés à la lèpre, peuvent être stigmatisées, conduisant à l’exclusion sociale et au mauvais bien-être mental. L’exclusion sociale aggrave souvent la pauvreté, les inégalités sociales et autres vulnérabilités existantes. Une proportion substantielle de personnes touchées souffrent de problèmes de santé mentale courants, tels que la dépression et l’anxiété. Lorsque de tels services sont disponibles, les personnes touchées peuvent être aidées par des services de réadaptation socio-économique, des groupes d’auto-assistance ou d’auto-soins, des conseils par les pairs et des services de santé mentale communautaires. Il s’agit souvent de réunions en groupe et / ou de contacts étroits et en face à face avec des pairs ou des soignants.

Les principales mesures de contrôle de COVID-19 comme l’éloignement social, l’auto-isolement et l’interdiction de se réunir en groupe interfèrent directement avec les services et interventions cidessus énumérées. Cette situation peut affecter directement les moyens de subsistance des personnes touchées, leur capacité à mener de façon efficace des activités de prévention des incapacités de même que les activités visant à renforcer leur résilience et à surmonter les problèmes de santé mentale. Elles peuvent également augmenter l’exclusion sociale et la solitude, tandis que la peur d’une infection au COVID-19 peut aggraver l’anxiété et la dépression.

Interventions recommandées pour atténuer les problèmes ci-dessus:

➢  Sensibiliser les agents de santé, les services sociaux et les autorités publiques aux problèmes psychosociaux auxquels les personnes touchées par la lèpre peuvent être confrontées et aux façons dont les mesures de contrôle COVID-19 peuvent aggraver ces problèmes.

➢  Faire un plaidoyer auprès des autorités pour permettre au personnel de santé et des services sociaux sélectionnés, y compris des pairs conseillers, de rendre visite aux personnes ayant des problèmes connus en raison de handicaps, de stigmatisation, d’anxiété ou de dépression.

➢  Essayez d’assurer qu’une ligne d’assistance téléphonique soit disponible pour que les personnes concernées puissent appeler lorsqu’elles rencontrent des problèmes ou simplement pour parler et / ou fournir des informations essentielles sur COVID-19 et les moyens de se protéger contre l’infection. Plusieurs pays ont déjà une ligne d’assistance téléphonique pour le COVID-19. Lorsque ce service existe, le personnel du centre d’appels doit être informé des besoins des personnes vulnérables, y compris les malades de la lèpre. Lorsqu’il existe des services d’assistance téléphonique spécifiques pour les personnes affectées par la lèpre, ceux qui répondent aux appels doivent savoir quels conseils donner concernant le COVID-19.

➢  Communiquez avec les personnes ayant des problèmes connus par téléphone ou SMS pour les informer qu’on se soucie de leur situation et pour leur fournir des informations essentielles sur le COVID-19 et les moyens de se protéger contre l’infection.

➢  Mettre en place une plateforme de réseaux sociaux, par ex. un groupe Facebook ou WhatsApp où les gens peuvent trouver des informations sur la lèpre et le COVID-19 et où ils peuvent se contacter ou se soutenir. Ces groupes peuvent également être utilisés pour fournir des informations essentielles sur la façon de se protéger soi-même de l’infection.

➢  Les organisations gouvernementales et non gouvernementales devraient faciliter l’accès aux droits sociaux, y compris les pensions ou la fourniture de produits alimentaires de base, aux personnes en situation de handicaps dû à la lèpre et à d’autres groupes vulnérables, tels que les personnes âgées.

Covid-19 et lèpre : les recommandations de société brésilienne de la maladie de Hansen

 Bonjour à tous,

En cette période d’épidémie COVID-19, nous devons nous assurer de la continuité des services lèpres dans les programmes nationaux. Nous vous transmettons les lignes directrices de la société brésilienne de la maladie de Hansen que chaque programme national pourra adapter à son contexte.

Dr Roch Christian JOHNSON (Président de l’ALLF)

LIGNES DIRECTRICES À L’INTENTION DES MÉDECINS DE LA SOCIÉTÉ BRÉSILIENNE DE LA MALADIE DE HANSEN (SBH) SUR LA POSSIBILITÉ DE CO-INFECTION LEPRE ET COVID-19

 • Considérant l’urgence qui s’est installée en raison de la pandémie COVID-19

• Considérant les progrès jour après jour des études et des articles sur le thème, qui permettent d’identifier des sous-groupes de population plus vulnérables au développement de formes sévères du COVID-19;

 • Considérant qu’il existe des patients sous traitement de la lèpre qui répondent à ces mêmes critères et, par conséquent, nécessitent plus d’attention, en particulier le nombre important de patients âgés atteints de lèpre,

 La Société brésilienne de la maladie de Hansen clarifie et recommande que :

1. Certains facteurs de risque de développement de la forme grave d’infection au COVID-19 (syndrome de détresse respiratoire aiguë), ont été identifiés. Parmi eux, l’âge du patient et les comorbidités telles que le diabète sucré et l’hypertension artérielle systémique (1), ce dernier surtout chez les patients qui sont traités à l’aide d’inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (2) (note de la rédaction: ce dernier point est controversé). De plus, les patients présentant d’autres altérations biologiques, telles que la neutrophilie et des niveaux élevés de lactate déshydrogénase (LDH),  ont également montré un risque plus élevé de développer des formes sévères de COVID-19 (3).

 2. Les patients atteints de lèpre BB, BL ou LL peuvent avoir des niveaux élevés de LDH et peuvent développer une neutrophilie sur une réaction de type 2, un érythème noueux lépreux (4,5). Par conséquent, il faut leur conseiller de redoubler les mesures de précaution concernant la possibilité d’infection par COVID19. Ces précautions sont les mêmes que celles destinées à la population générale, y compris l’isolement en raison de la pandémie elle-même (et non du fait de la lèpre), sauf indication contraire.

 3. Pour les patients sous traitement de la lèpre utilisant uniquement des antibiotiques de la PCT, les directives de prévention du COVID-19 sont les mêmes que pour la population générale. Il n’y a pas de changement à prévoir concernant le traitement de la lèpre, qui devrait normalement être maintenu. Les programmes nationaux et les centres de traitement santé devraient évaluer les possibilités de fournir la PCT et les médicaments contre les réactions pendant plus d’un mois, en évitant les retours mensuels de patients bien stabilisés. Cependant, pour la faisabilité de cette recommandation, l’articulation avec le coordinateur National et le ministère de la Santé est indispensable, afin de mettre à disposition une quantité supplémentaire de médicaments, afin d’éviter toute pénurie.

 4. Pour les personnes affectées par la lèpre qui suivent un traitement pour des réactions(réaction d’inversion, érythème noueux lépreux, névrite), pour lesquels des médicaments pouvant conduire à une immunosuppression sont utilisés (voir figure 1 sur les critères d’immunosuppression), il convient de considérer que la prednisone est immunosuppressive à partir de la dose  > ou = à 10 mg par jour, ou d’une dose cumulée totale  > ou = à 700 mg. Par conséquent, étant donné que la plupart des patients atteints de réactions lépreuses nécessitent de longues périodes de traitement avec des doses variables de prednisone, ils doivent être considérés comme immunodéprimés et, par conséquent, plus vulnérables à toute infection, dont le coronavirus (6).

5. Les études publiées jusqu’à présent, dont une sur plus de 1.000 cas d’infection à COVID-19, n’ont pas détecté de patients coinfectés par la lèpre dans les formes graves de la maladie. Il n’y a toujours pas de données spécifiques sur COVID-19 chez les patients atteints de maladies auto-immunes ou d’immunosuppression. Cependant, une plus grande attention devrait être assuréepour ces patients (3,10,11).

 6. Les personnes affectées par la lèpre  peuvent présenter des lésions hépatiques, soit en raison de la maladie elle-même, soit de l’action des médicaments utilisés dans son traitement. Les patients atteints de la forme sévère de COVID-19 développent également de graves lésions hépatiques. Ainsi, l’attention doit également être renforcée en cas d’infection concomitante (12).

 7. Les situations spéciales, telles que la coinfection de la lèpre avec la tuberculose ou le VIH, ainsi que lèpre et la grossesse en cas de superposition présumée de COVID-19, devraient être analysées attentivement, car les conséquences sont imprévisibles et peuvent se révéler graves.

 8. En ce qui concerne les consultations externes pendant la pandémie de COVID-19, la Société brésilienne de la maladie de Hansen recommande que les consultations soient réduites au minimum nécessaire, visant à protéger en particulier les patients ayant des réactions qui ont toujours besoin de soins spécialisés. Le service et les professionnels de santé doivent suivre les directives du ministère de la Santé, avec l’utilisation d’équipements de protection individuelle (EPI), tels que des masques, le lavage des mains à l’eau et au savon, les frictions au gel hydroalcoolique pour l’asepsie des mains. il faut aussi désinfecter les surfaces du mobilier des services de soins.

9. Les réactions sont des événements aigus qui nécessitent des soins spécialisés et en aucun cas la fourniture de soins médicaux ne doit être interrompue chez ces patients, qui peuvent avoir besoin d’assistance et aboutiront à la recherche de services d’urgence malgré la pandémie du COVID-19.

Société brésilienne de la maladie de Hansen, Brésil, 19 mars 2020

 Figure 1.  Critères  d'immunosuppression  

 1. Neutropénie - diminution du nombre total de neutrophiles.
 2. Tumeurs hématologiques, avec ou sans chimiothérapie.  
 3. Infection par le VIH  avec des cellules de numération des CD4 <200 / mm3. 
 4. Troubles spléniques (troubles anatomiques ou fonctionnels). 
 5. Patients transplantés  sous traitement immunosuppresseur.
 6. Traitement antinéoplasique au cours des 30 derniers jours. 
 7. Patient sous corticostéroïdes: prednisone, dexaméthasone, hydrocortisone et autres.  
 8. Patient traité avec tout autre médicament immunosuppresseur. 
 9. Patients atteints de  maladies auto-immunes. 
10. Patients présentant des immunodéficiences congénitales. 
Références bibliographiques

1. Wu C, Chen X, Cai Y,Xia J, Zhou X, Xu S et al. Facteurs de risque associés au syndrome de détresse respiratoire aiguë et à la mort chez les patients atteints de pneumonie à coronavirus 2019 à Wuhan, en Chine.JAMA Médecine interne. 2020. 
2. Fang L, Karakiulakis G Roth M. Les patients souffrant d'hypertension et de diabète sucré présentent-ils un risque accru d'infection au COVID-19? La médecine respiratoire Lancet. 2020. 
3. Zhou F, Yu T, Du R, Fan G, Liu Y, Liu Z, et al. Évolution clinique et facteurs de risque de mortalité des patients hospitalisés adultes atteints de COVID-19 à Wuhan, en Chine:une étude de cohorte rétrospective. Lancet (Londres, Angleterre). 2020.
4. Agarwal DP, Srivastava LM, Goedde HW, Rohde R. Etudes biochimiques, immunologiques et génétiques dans la lèpre.I. Changements dans les isoenzymes de lactate déshydrogénase sérique,l'activité de la créatine phosphokinase et de l'aldolase dans différentes formes de lèpre. Tropenmedizin und Parasitologie. 1975; 26 (2):207-11. 
5. Carneiro S, Nakasato FK, Balassiano V, Torres F, par Noronha Neta MI, Gomes MK, et al. Réaction lépromateuse de type II: aspects cliniques et de laboratoire. Skinmed. 2019; 17 (4):261-5.
6. Stuck AE, Minder CE, Frey FJ. Risque de complications infectieuses chez les patients prenant des glucocorticostéroïdes. Rev Infect Dis. 1989; 11 (6): 954–963. 
7. Majumder S, Sreedhara SR, Banerjee S, Chatterjee S. La signalisation TNF alpha contemple la saga thalidomide : une revue du rôle mécaniste de la signalisation TNF-alpha sous thalidomide. Thèmes actuels en chimie médicinale.2012; 12 (13): 1456-67. 
8. Mankikian J, Lioger B, Diot E, D'Halluin P, Lissandre S, Marchand Adam S, et al. Toxicité pulmonaire associée à l'utilisation du lénalidomide: rapport de cas de syndrome de détresse respiratoire aiguë d'apparition tardive et revue de la littérature.Coeur et poumon: le journal des soins intensifs. 2014;43 (2): 120-3.
9. Thornburg A, Abonour R, Smith P, Knox K, Twigg HL, 3e. Syndrome de type pneumonie d'hypersensibilité associé à l'utilisation du lénalidomide. Poitrine. 2007; 131 (5): 1572-4. 
10. Guan WJ, Ni ZY, Hu Y, Liang WH ou CQ, He JX, et al. Caractéristiques cliniques de la maladie à coronavirus 2019 en Chine. 
New England Journal of Medicine. 2020; 10.1056 / NEJMoa2002032. doi: 10.1056/NEJMoa2002032 
11. Huang C, Wang Y, Li X,Ren L, Zhao J, Hu Y, et al. Caractéristiques cliniques des patients infectés par le nouveau coronavirus 2019 à Wuhan, en Chine. (Londres, Angleterre).2020; 395 (10223): 497-506. 
12. Xu L, Liu J, Lu M,Yang D, Zheng X. Lésion hépatique lors d'infections à coronavirus humain hautement pathogènes [publié en ligne avant l'impression, 14 mars 2020]. Liver Int.2020; 10.1111 / liv.14435. doi: 10.1111 / liv.14435. 

Fréquentation du site de l’ALLF (2020)

Chers associés,

veuillez trouver ci-dessus la cartographie de fréquentation du site de l’ALLF (https://allf.medicalistes.fr/), du 01/01/2020 à aujourd’hui, où l’on voit que les principaux pays de connexion sont les USA, la France, la Chine et les Pays-Bas (plus la couleur tire vers le vert, plus la fréquentation est importante) !

En tout, depuis le 1er janvier 2020, 734 visites !

bien à vous tous

Antoine Mahé

Nouvelles de Manille

Le vingtième International Leprosy Congress s’est tenu à Manille (Philippines) du 11 au 13 septembre 2019.

Dans les semaines qui viennent, cette page sera régulièrement alimentée par des informations recueillies par les membres de l’ALLF présents lors de cette importante manifestation.

A très bientôt, donc ! (15/09/2019)

Les inhibiteurs de la phosphodiestérase 4, traitement d’avenir des réactions de type 2 récalcitrantes ?

Plusieurs présentations suggéraient un possible intérêt des inhibiteurs de la phosphodiestérase 4 au cours des réactions de type 2 (érythème noueux lépreux, ENL) : le traitement par aprémilast de 5 patients atteints d’ENL chroniques corticodépendants, avec un résultat semblant favorable (P-202); le protocole d’un essai plus ambitieux de phase 2 du CC-11050 (autre inhibiteurs de la phosphodiestérase 4) au cours de l’ENL a également été présenté (O-042).

Les inhibiteurs de la phosphodiestérase 4 appartiennent à une nouvelle classe de traitements « immunomodulateurs » prometteuse, déjà utilisée avec succès au cours de certains psoriasis sévères ou de la maladie de Behçet. Cependant, les données d’efficacité et de tolérance au cours des réactions lépreuses de type 2 sont encore très préliminaires, et surtout le coût très élevé de cette classe médicamenteuse les éloigne a priori pour longtemps d’un rôle de panacée au cours de l’ENL.

(MY Grauwin et A. Mahé, le 27/02/2020)

 P-202. SMALL MOLECULES IN LEPROSY:  APREMILAST AS A TREATMENT OPTION FOR CHRONIC RECURRENT ERYTHEMA NODOSUM LEPROSUM. T Narang, S Dogra, A Kaushik 
 O-042. A SINGLE CENTER, OPEN LABEL PILOT STUDY TO EVALUATE THE SAFETY AND EFFICACY OF CC-11050, A NOVEL PHOSPHODIESTERASE 4 INHIBITOR, IN NEPALESE PATIENTS WITH ERYTHEMA NODOSUM LEPROSUM. M. Shah1, D.A. Hagge, D. RSJB Rana, K.D. Neupane, K.Arakawa, D.M. Scollard, P. Maharjan, V. Khetani, I.B. Napit 

L’analyse spatiale : une approche originale et prometteuse des foyers hyperendémiques de lèpre

Des logiciels relativement simples et accessibles permettent désormais de relier les cas de lèpre selon leur proximité spatiale, définissant dans certaines zones géographiques à endémicité élevée des foyers de cas groupés (clusters) ayant une proximité spatiale plus élevée que ne le voudrait le hasard.

Les données tirées de ces études pourraient utilement être mises à profit pour identifier des zones/sujets particulièrement à risque de contamination par le bacille de la lèpre, permettant un dépistage actif orienté, voire à même de justifier un traitement prophylactique « de masse » appliqué à tous les habitants d’une zone (blanket campaign). Un point technique important à déterminer reste cependant la distance définissant en pratique la proximité géographique idéale des cas (25m dans certaines études, 500m dans d’autres).

(A. Mahé, le 19/01/2020)

 O-018. CLUSTER IDENTIFICATION AND THE IMPLICATIONS FOR A BLANKET APPROACH IN CHEMOPROPHYLAXIS FOR LEPROSY IN INDIA. A.T. Taal, J.G. Barreto, A. Garg, W.H. van Brakel, J.H. Richardus
 O-080. CLUSTER OF RECENT LEPROSY TRANSMISSION IN A FORMER LEPROSARIUM IN BRAZIL. Josafá Gonçalves Barreto, Bárbara Lopes Paiva, Francisco Eguinaldo de Albuquerque Félix Junior, Pedro Igor Oliveira Carvalho, Moises Batista da Silva, Claudio Guedes Salgado.
 O-266. SPATIAL EPIDEMIOLOGY OF LEPROSY IN A HYPERENDEMIC CITY OF THE BRAZILIAN AMAZON REGION: CLUSTERING OF DISEASE AND POVERTY. Josafá Gonçalves Barreto, Julio Moreira Soares Neto, Moises Batista da Silva, Claudio Guedes Salgado
 O-329. STRONG DEGREES OF SPATIAL CLUSTERING OF LEPROSY AT SUB-VILLAGE LEVEL ON THE COMOROS. Nimer Ortuno-Gutierrez, Abdallah Baco, Younoussa Assoumani, Aboubacar Mzembaba,Zahara Salim, Mohamed Amidy, Saverio 
 Grillone, Jan Hendrik Richardus, Sofie Braet,Bouke C. de Jong, Epco Hasker 
Image tirée de la présentation O-080: CLUSTER OF RECENT LEPROSY TRANSMISSION IN A FORMER LEPROSARIUM IN BRAZIL (Josafá Gonçalves Barreto et al.)

Une étude chez la souris en faveur de l’administration prophylactique de plusieurs doses d’antibiotiques plutôt que d’une seule

L’objectif de cette étude était de comparer l’efficacité de différents protocoles de prophylaxie post-exposition chez des souris immunodéprimées athymiques. Dans la première étude, des lots de souris ont reçu, deux mois après l’inoculation de BH, différentes prises uniques d’antibiotique(s): une dose de rifampicine (RMP), une dose de ROM, une dose de l’association rifapentine/minocycline/moxifloxacine (MOXI). Des prélèvements à la recherche de bacilles viables chez les souris ont été effectués à 2, 4 et 6 mois en utilisant une technique PCR particulièrement sensible (RLEP PCR). Dans une seconde étude, les mêmes composés étaient administrés 1 jour, 1 mois ou 2 mois après l’inoculation. Dans une troisième étude, les souris recevaient 3 doses mensuelles de différentes associations antibiotiques (RMP + MOXI, RMP + clarithromycine, rifapentine + MOXI, rifapentine + clarithromycine ).

Les résultats montraient clairement une plus grande efficacité des schémas comportant une répétition des prises antibiotiques. Ceci suggère que des schémas prophylactiques comportant plusieurs doses médicamenteuses pourraient être indiqués chez des contacts hautement susceptibles, comme les contacts familiaux domiciliaires dont on sait qu’ils répondent moins bien à la RMP en DU.

(A.Mahé, le 11/01/2020)

O-292.THE EFFICACY OF DIFFERENT CHEMOPROPHYLAXIS REGIMENS IN A HIGHLY SUSCEPTIBLE SUBCLINICAL MODEL OF LEPROSY. S.M. Lenz, J.H. Collins, N.A. Ray, A.T. Deming, R. Lahiri, D.A. Hagge, and L.B. Adams 

BCG + RMP DU en prophylaxie : des résultats décevants

Les résultats du projet très attendu MALTALEP ont été présentés en avant-première. Rappelons que ce projet visait à tester l’effet préventif d’une dose unique (DU) de rifampicine (RMP) lorsqu’associée à une vaccination contemporaine par le BCG, vaccin connu de longue date comme ayant un certain effet préventif propre si pratiqué dans la petite enfance, effet de plus apparemment additif à la prise de RMP en DU lors du projet COLEP.  Une étude brésilienne plus ancienne avait de plus suggéré un effet protecteur du BCG lorsqu’effectué chez des contacts proches de cas de lèpre récemment diagnostiqués, avec cependant une survenue étonnamment précoce (dans les 10 premiers mois) des cas non évités.

L’étude consistait donc ici en la comparaison de deux procédures chez des contacts domiciliaires (n = 14.988) de nouveaux cas de lèpre (n = 1.552) : vaccination par BCG seule vs vaccination par BCG complétée par une prise de RMP DU administrée 8 à 12 semaines après la vaccination.

Au final, le nombre de nouveaux cas de lèpre n’était pas significativement différent entre les deux groupes à 1 an et à 2 ans. Encore une fois, les nouveaux cas de lèpre semblaient plus de type PB dans le bras BCG seul, et étaient volontiers de survenue précoce (diagnostic pour 34% d’entre eux entre 8 et 12 semaines après la vaccination). Il est à noter que certains de ces cas précoces présentaient une atteinte névritique.

En définitive, cet essai apparaît plutôt décevant. Bien sûr, on peut toujours évoquer un certain effet préventif du BCG, cependant plutôt ambigu puisque semblant s’accompagner, d’une façon confirmée par rapport à l’étude brésilienne, d’une augmentation précoce du nombre de cas PB (par stimulation de lymphocytes T-helper 1 ?), parfois sur un mode névritique potentiellement délétère. Les auteurs suggèrent de tester l’administration plus précoce de RMP après la vaccination, l’administration simultanée ou précédant le BCG étant exclue pour des raisons bactériologiques, la RMP inhibant le BCG qui est un vaccin vivant.

(A. Mahé, le 31/12/2019)

0-O16. EFFECTIVENESS OF SINGLE DOSE RIFAMPICIN GIVEN AFTER BCG VACCINATION IN PREVENTING LEPROSY IN CLOSE CONTACTS OF PATIENTS WITH NEWLY DIAGNOSED LEPROSY: A CLUSTER RANDOMIZED CONTROLLED TRIAL 
R.A. Richardus, K. Alam, K. Kundu, J. Chandra Roy, T. Jafar, A.S. Chowdhury, D. Kahn, D. Nieboer, R. Faber, C. R. Butlin, A. Geluk and J.H. Richardus   
Manille (centre ville)

Le méthotrexate : dans les réactions de type 1 également ?

Le méthotrexate était décidément à l’honneur à Manille, puisque non seulement le protocole d’une étude randomisée visant à déterminer son efficacité dans les réactions de type 2 a été présenté (voir précédemment), mais, en outre, les résultats d’une étude ouverte où ce composé a été utilisé lors de réactions de type cette fois 1 (reverse reaction) ont fait l’objet d’une communication orale.

Trente patients présentant une réaction de type 1 traitée depuis moins de 6 mois par une corticothérapie orale ont été randomisés en deux groupes : un groupe ne recevant qu’une corticothérapie orale décroissante sur 24 semaines selon un schéma classique, l’autre groupe recevant du méthotrexate hebdomadaire (5 à 7,5 mg par semaine) associé à une corticothérapie orale à posologie réduite et rapidement décroissante (sur 4 semaines). A 6 mois, les résultats étaient en faveur d’une efficacité plus rapide dans le groupe méthotrexate. Les données présentées ne permettaient pas d’évaluer le risque de rechute.

Il est à signaler que l’efficacité du méthotrexate dans les réactions de type 1 a déjà fait l’objet de publications précédentes (Clin Infect Dis. 2007 Jul 1;45(1):e7-9. Methotrexate treatment for type 1 (reversal) leprosy reactions. Biosca G, Casallo S, López-Vélez R).

Au final, il reste de nombreuses inconnues entourant l’usage de ce médicament au cours de la lèpre (dose hebdomadaire optimale, qui semblait ici inhabituellement basse par rapport aux indications classiques de ce composé ? Efficacité lors des réactions chroniques ? Gestion de ce traitement potentiellement toxique sur le terrain ? Place dans la stratégie de prise en charge des réactions de type 2 ? De type 1 ?…), mais, d’ores et déjà, les données disponibles nous semblent suffisantes pour proposer ce composé lors de situations difficiles (comme, par exemple, la corticodépendance à fortes doses de réactions chroniques).

(A. Mahé, le 26/12/2019)

O-011. A RANDOMIZED CONTROLLED ASSESSOR-BLINDED TRIAL OF METHOTREXATE COMPARED TO PREDNISONE IN THE MANAGEMENT OF HANSEN’S DISEASE PATIENTS WITH TYPE 1 REACTION IN A TERTIARY GOVERNMENT HOSPITAL. P.O. Ramirez, L.L. Laconico-Tumalad, M.A. Lavadia 

L’étude de foyers hyperendémiques de lèpre est porteuse d’enseignements

Une étude a porté sur une île précédemment site d’une ancienne léproserie (en Nouvelle-Calédonie), île où l’incidence de la lèpre atteint 16/10.000. L’ensemble des habitants de cette île (843 habitants) a été ciblé pour réaliser un examen clinique ainsi que des prélèvements cutanéo-muqueux (PCR sur lobes des oreilles, mucus nasal) et sanguins (sérologie PGL-1). Sur les 621 personnes ayant finalement pu être incluses, 8 cas probables de lèpre active ont été identifiés (dont 5 chez des sujets de moins de 18 ans). La prise en compte de l’ensemble des résultats biologiques et cliniques (positivité sérologie PGL-1, PCR positive, cas de lèpre déjà connus ou dépistés) suggérait que 25% de la population étudiée avait eu un contact avéré avec le BH. Des prélèvements effectués au nveau de réservoirs environnementaux potentiels (cimetière d’anciens lépreux,…) étaient négatifs.

L’étude de foyers hyperendémiques de lèpre tels que celui-ci, outre l’intérêt pratique évident en termes de dépistage de la maladie dans de tels contextes, lesquels ne sont pas exceptionnels, est potentiellement porteuse de renseignements importants sur la transmission de la maladie.

(A. Mahé, le 22/12/2019)

O-200. Leprosy screening campaign on Belep island (New-Caledonia). V. Baron, C. Forfait, E. Cambau, E. Klement, JB.Gaumery, A. Pfannstiel, J. Colot, C. Cazorla, B. Cauchoix, JP. Grangeon 
Manille, centre ville

Mal perforant plantaire : une bonne semelle + une bonne chaussure = une bonne cicatrisation !

Les progrès de la technique, les semelles, les fabrications en CAD, l’analyse de la marche profitent aux malades dans les centres de références évolués et bénéficiant de ces techniques. Une étude convaincante, portant sur des chaussures adaptées basées sur une semelle moulée sur le pied du malade, ainsi que cela est pratiqué dans de nombreux centres, a été présentée. Une bonne semelle, une bonne chaussure égalent une bonne cicatrisation, cela fait un peu slogan publicitaire, mais c’est cohérent !

(M.Y. Grauwin, 21/12/2019)

 0-129. Outcome study of podiatric appliances to heal plantar ulcer and to prevent recurrence. Santosh kumar Singh, Rajni Kant Singh, Lal Babu Singh, Fulchand Mahto 

La chimioprophylaxie : un nouvel outil pour le contrôle de la lèpre

P. Steinmann a présenté une intéressante synthèse sur la prophylaxie médicamenteuse de la lèpre. Les données les plus convaincantes concernant l’efficacité de ce type de mesure proviennent de l’étude COLEP laquelle, on le rappelle, a démontré une baisse de l’incidence de la lèpre de l’ordre de 57% dans l’entourage élargi de cas de lèpre ayant reçu une dose unique de rifampicine (Single Dose Rifampicin, SDR) (https://www.bmj.com/content/bmj/336/7647/761.full.pdf). Sur le long terme, il apparaît maintenant clairement que l’effet positif n’a porté que sur les 2 premières années, les courbes d’incidence des zones « traitement »  et « témoin » se rejoignant après 4 ans, cependant sans « rattrapage » des cas évités (https://www.lepra.org.uk/platforms/lepra/files/lr/Sept12/292.pdf).

Cependant, malgré l’avancée indiscutable que représente cette étude, beaucoup d’interrogations persistent. Il était ainsi manifeste que l’effet prophylactique était d’autant plus important que le sujet traité était géographiquement et génétiquement éloigné du cas index, ce qui étaye encore la notion que les contacts domiciliaires, surtout s’ils sont familiaux, sont les plus à risque de maladie. Pour (en particulier) cette raison, d’autres protocoles prophylactiques sont en cours d’étude : citons les projets PEOPLE (SDR administré à différentes catégories de contacts), PEP4LP, MALTALEP (BCG + SDR vs BCG seul), PEP++ (trois administrations à un mois d’intervalle combinant la RMP à divers composés : clarithromycine, moxifloxacine).

(A. Mahé, 01/12/2019)

Réactions, douleur neuropathique : le point en 2019

Une intéressante conférence plénière s’est tenue sur ces sujets étroitement liés.

En ce qui concerne les réactions, on prend acte de la publication par l’OMS de recommandations pour la prise en charge de ces états (https://www.who.int/lep/research/Reactions.pdf), mais, de prime abord, les choses semblent n’avoir guère évolué… Cependant, est-ce encore pour longtemps ? Un frémissement de la recherche semble en effet palpable.

A propos des réactions de type 1, les recommandations fondamentales ont été rappelées (D. Lockwood) : intérêt d’un dépistage précoce des réactions par formation des soignants et éducation des patients, place toujours prépondérante des corticoïdes administrés par voie orale, avec une relative standardisation de la posologie (30-40 mg/j) et de la durée disposant du meilleur rapport bénéfices/risques (20 semaines), absence d’intérêt d’un traitement préventif chez les sujets asymptomatiques, place encore réduite des alternatives thérapeutiques aux corticoïdes (ciclosporine, azathioprine).

En ce qui concerne les réactions de type 2, un constat voisin a tout d’abord été effectué (J. Darlong). Tout bien considéré, l’échelle de gravité (« ENL severity scale ») développée via ENLlist n’a guère d’intérêt que pour guider de façon standardisée le suivi des patients traités, tout particulièrement si c’est dans le cadre d’essais thérapeutiques. La morbidité considérable d’une corticothérapie orale prolongée lors des ENL chroniques et/ou récidivants, qui sont des situations non exceptionnelles, rend en fait particulièrement cruciales de nouvelles alternatives thérapeutiques, les solutions actuelles (thalidomide, clofazimine à forte dose, pentoxifylline, anti-TNF…) ayant montré leurs limites. En définitive, on ne peut clore ce chapitre sur l’ENL sans citer les espoirs raisonnables reposant sur certains nouveaux composés  prometteurs : inhibiteurs sélectifs de phophodiestérase 4 éventuellement, aux résultats encore extrêmement préliminaires, mais surtout méthotrexate, dont le coût bas et la relative facilité d’emploi en font un candidat alternatif sérieux, d’ores et déjà lors de la prise en charge de cas difficiles, mais surtout lors d’essais thérapeutiques dont on attend avec impatience les résultats…

Pour ce qui est de la douleur neuropathique (A. Rice), qui peut d’ailleurs être présente qu’il y ait ou non réaction, la reconnaissance en séance plénière de ce paramètre représente déjà une avancée indiscutable. Cependant, ceci n’est peut-être pas encore assez pris en compte lors des soins de chaque patient potentiellement concerné, du fait d‘une certaine tendance historique à la négligence de la douleur en tant que telle. Il convient de combattre cette inertie. En effet, en dehors des douleurs réactionnelles dont le traitement est avant tout étiologique, de nombreuses solutions médicamenteuses spécifiques sont disponibles (duloxétine, amitriptylline, gabapentine et prégabaline, capsaïcine en topique…).

(A. Mahé, 15/11/2019)

Manille « by night »

Le méthotrexate dans l’ENL, une solution d’avenir ?

(MY Grauwin)

La prednisolone/prednisone est utilisée par tous les experts, notamment celle qui fait office de grande spécialiste de la réaction de type 2, Diana Lockwood et son groupe ENLIST (à noter que la posologie est souvent exprimée en dose fixe (« 40 mg/j »), alors qu’il serait plus logique de l’exprimer en mg/kg…). Toutefois, ce composé à d’importantes limites, en particulier lors des formes chroniques ou récidivantes d’ENL du fait des effets secondaires parfois gravissimes en rapport avec une corticothérapie orale prolongée. Un certain nombre de composés ont été testés en association ou en comparaison avec la prednisolone (pentoxifylline, clofazimine, cyclosporine et thalidomide notamment), avec parfois un réel intérêt (thalidomide, pentoxifylline), mais qui ne résolvent pas tous les problèmes ni toutes les situations (en particulier pour la thalidomide : neurotoxicité, malformations si grossesse, phlébites, AVC, passage par le sperme…). Le méthotrexate parait une nouvelle solution intéressante, qui pourrait être fiable pour un coût modique (peu d’effets secondaires à cette dose, peut être pris longtemps…).

ELNLIST a présenté la méthodologie d’un essai qui démarre prochainement, aucun malade n’ayant encore été inclus. L’essai comparera le méthotrexate 15-20mg/semaine/48 semaines + prednisolone 40mg/20 semaines, à la prednisolone seule 40mg/20 semaines.

ÉTUDE DU MÉTHOTREXATE ET DE LA PREDNISOLONE DANS LE LEPROSUM D'ERYTHÈME NODOSUM: UN PROTOCOLE D'ESSAI CLINIQUE RANDOMISÉB. de Barros1 *, SM Lambert1,2, BJ Rozario3, Ventes4, CR Butlin3, M. Shah5, J. Darlong6, VV Pai7, SN Doni2, DA Hagge5, JAC Nery4, K. Neupane5, Y. Listiawan 8, M. Alinda 8, A. Maghanoy9, PG Nicholls, DNJ Lockwood1, S. L. Walker1 ** au nom du groupe d’études Erythema Nodosum Leprosum International.

ENL score, un score de gravité de l’ENL

Le score avait déjà été présenté à Pékin, il est de nouveau présenté après mise en œuvre « sur le terrain ». Pas beaucoup de critiques à faire sur les items du score, 10 en tout (1 « douleur » sur une échelle analogique de 0 à 100 – 2 « fièvre » – 3 « nombre de nouures » – 4 « inflammation des nouures » – 5 « nombre de zones avec des nouures » – 6 « œdème mains, pieds et face » – 7 « douleurs osseuses » – 8 « arthrites » – 9 « adénopathies » – 10 « hypertrophies et douleurs à la palpation nerveuse »), et 4 grades croissants de gravité (0, 1, 2, et 3). Le score permet de suivre l’efficacité du traitement et de faire une courbe de suivi avec notamment la visualisation des rebonds, et de prendre les décisions thérapeutiques en conséquence. C’est plutôt intéressant et scientifique dans un centre de référence national avec des médecins et suffisamment de malades, surtout si de nombreux centres à travers le monde partagent leur expérience et disposent ainsi d’un outil commun.

(MY Grauwin)

UTILISATION DE L'ECHELLE DE GRAVITE ENLLIST EN ALERT LEPROSY CLINIC EN ETHIOPIE EN TANT QU'OUTIL POUR EVALUER LA REPONSE DU PATIENT AU TRAITEMENT. S. M. Lambert, S. D. Nigusse, Abeba Mitike, S. Walker (Département de recherche clinique - Faculté des maladies infectieuses et tropicales, École d'hygiène et de médecine tropicale de Londres, Londres (Royaume-Uni), Centre ALERT, Addis-Abeba (Éthiopie)

Cicatrisation : quelle place pour le PRP (« plasma enrichi en plaquettes ») ?

Sur la cicatrisation, on sait depuis longtemps que l’eau, le savon et le gras fonctionnent bien sur le terrain. Cependant, une étude du Népal suggère l’efficacité de l’application de leucocytes et plaquettes autologues obtenus après une centrifugation du sang du malade (« plasma enrichi en plaquettes ») dans les plaies chroniques. Il reste à déterminer par des études complémentaires l’intérêt sur le terrain de cette pratique, que sa technicité (nécessité d’une centrifugeuse à portée de main) limite à certains centres de référence.

(MY Grauwin et A Mahé)

APPLICATION DE FIBRINE ENRICHIE EN LEUCOCYTES ET PLAQUETTES AUTOLOGUES (L-PRF) DANS LES ULCERES TROPHIQUES DE LA LEPRE: ÉTUDE CLINIQUE À L'HÔPITAL ANANDABAN DU NÉPAL. I. B. Napit, D. Shrestha, R. K. Maharjan, D. Rana1, P. Sapkota1, J.R. Sharma, S. Dulal, S. Koirala, N. R. Pinto, D. A. Hagge

A la recherche de nouveaux marqueurs diagnostiques

Le Pr Geluk et son équipe (Pays-Bas) ont présenté leurs travaux visant à améliorer la performance diagnostique des examens sanguins dans la lèpre. L’idée est de combiner des examens sérologiques classiques (anti-PGL1) et des marqueurs de l’immunité T, afin notamment d’identifier, parmi les contacts, ceux étant les plus à risque de lèpre maladie ; et également, si possible, d’évaluer la réponse à un traitement prophylactique chez ces patients (en les quantifiant). En l’état actuel, si les techniques sérologiques selon la technologie « UCP » apparaissent aussi fiables et d’usage, notamment sur le terrain, plus facile que les classiques tests ELISA (prélèvement au doigt), les résultats restent préliminaires et semblent donc avoir a priori un intérêt surtout chez les patients multibacillaires ou chez les contacts. Rappelons que les tests type Quantiféron n’ont pas montré d’intérêt au cours de la lèpre (positivité fréquente chez les PB mais peu de spécificité en contexte d’endémie tuberculeuse élevée).

(A. Mahé)

FINGERSTICK TEST QUANTIFYING HUMORAL AND CELLULAR BIOMARKERS INDICATIVE FOR M. LEPRAE INFECTION. P.L.A.M. Corstjens, A. van Hooij, E.M. Tjon Kon Fat, K. Alam, L.B. Vrolijk, S. Dlamini, M. Batista da Silva, J.S. Spencer, C.G. Salgado, J.H. Richardus, C.L.M. van Hees, and A. Geluk 
Jeepneys (Manille)

Résistance bactérienne

La résistance de M. leprae aux différents antibiotiques utilisables dans la lèpre est une préoccupation majeure. Certains pays semblent plus particulièrement concernés, notamment pour ce qui est de la résistance à l’antilépreux majeur qu’est la rifampicine. Aussi les communications du Brésil concernant ce paramètre étaient-elles particulièrement attendues. Des résultats concernant la région de Para (Amazonie) ont ainsi été présentés. Une résistance (déterminée par typage génétique recherchant les drug resistance determining regions) était retrouvée dans 2,7% des cas (6,7% des cas de rechutes). Ceci est déjà préoccupant, un autre point l’étant peut-être encore d’avantage reposant sur la constatation surprenante que certains patients de la série semblaient ne pas s’améliorer sous traitement malgré l’absence de résistance identifiée chez eux : y aurait-il donc d’autres loci encore non identifiés de résistance bactérienne ?…

PROFILE OF SNP TYPING AND DNA MUTATION FOR DRUG RESISTANCE IN STRAINS OF M. LEPRAE FROM LEPROSY PATIENTS IN PARÁ STATE, NORTHERN BRAZIL, AMAZON REGION R.C. Bouth, A. R. Gobbo, S.M. Silva, A.C.C. Messias, C. Avanzi,  S.T. Cole, J.G. Barreto , M.B. Silva, J.S. Spencer, C.G. Salgado

Par ailleurs, une étude menée dans un village reculé (amazonien) s’étant développé sur le site d’une ancienne léproserie a été présentée. Sur 758 sujets examinés, une lèpre multibacillaire a été diagnostiquée chez 37 d’entre eux (19 nouveaux cas, 18 rechutes) ; 43% présentaient une résistance ; 12 cas étaient multirésistants (dapsone et rifampicine). Il semblait exister une transmission intrafamiliale de souches résistantes. Ce scénario particulièrement alarmant, même s’il reste cantonné à une zone très particulière, incite à l’évidence à une grande vigilance.

EMERGING AND TRANSMISSION OF DRUG/MULTIDRUG RESISTANT Mycobacterium leprae IN A FORMER LEPROSY COLONY LOCATED IN THE BRAZILIAN AMAZON. Helena R. S D’Espindula, Patrícia S. Rosa, Ana C. L. Melo, Amanda N. B. Fontes, Amanda J. Finardi, Andréa F. F. Belone, Beatriz G, C. Sartori, Carla A. A. Pires, Cleverson T. Soares, Flávio B. Marques,Francisco J. D. Branco, Ida M. F. D. Baptista, Lázara M. Trino, Luciana R. V. Fachin, Marília B. Xavier, Marcos C. Floriano, Somei Ura, Suzana M. Diório, Wladimir F. B. Delanina, Milton O. Moraes, Marcos C. L. Virmond, Philip N. Suffys, Marcelo T. Mira 

(A. Mahé)

En direct (ou presque) de Beijing

Congrès International sur la Lèpre, Beijing, 19 – 21 septembre 2016 Le XXIXème congrès international sur la lèpre s’est tenu à Pékin, à quelques hectomètres du parc des jeux olympiques de 2008. Contrairement à Bruxelles (2013), pas d’innovation plus ou moins extraordinaire à rapporter mais tout de même une certitude: ainsi qu’en a attesté l’affluence internationale importante pour une réunion tout de même géographiquement assez éloignée de nombreuses régions de forte endémie, l’intérêt pour cette maladie persiste ! Dans cette rubrique et en primeur, au fur et à mesure de leur rédaction, nous ferons figurer les éléments qui nous semblent les plus à même d’intéresser les lecteurs du BALLF, un compte-rendu détaillé du Congrès devant figurer dans le prochain numéro de la revue (date de parution prévue : juin 2017).   Lien pour accéder aux abstracts du Congrès http://www.leprosy-ila.org/arquivos/19thAbstracts.pdf (attention, fichier très lourd !)

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Apport de l’échographie dans la lèpre (rédigé le 27/02/2017) L’intérêt de l’échographie, surtout si couplée à un doppler, a été souligné par des équipes utilisant couramment ces techniques. Rappelons que le diagnostic de gros nerfs, assez spécifique de la lèpre, peut être considérablement facilité par l’échographie, technique qui apparaît  objective, quantifiable et plus sensible que l’examen clinique (surtout en cas de clinicien peu expérimenté dans la recherche de gros nerfs). Pour ce qui est des névrites aiguës, l’intérêt de cette technique existe de plus aussi bien pour le dépistage que pour la surveillance des patients sous traitement (diminution du flux sanguin témoignant de la régression de l’inflammation). Il nous semble peu douteux que, du moins dans les centres de référence, cette technique dont le coût s’est relativement démocratisé apporterait dans certaines situations un appoint non négligeable.

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Erythème noueux lépreux (rédigé le 27/02/2017) L’équipe de la London School of Tropical Medicine a fait part de l’avancée de ses travaux qui étaient très attendus. En pratique, il s’agissait surtout d’études visant à standardiser objectivement l’appréciation de la gravité de cette réaction, ce qui devrait permettre une évaluation plus rationnelle des interventions thérapeutiques. Même si ces efforts sont louables et utiles, on était toutefois un peu déçu de ne pas disposer d’avancée pratique sur la prise en charge souvent difficile de cette complication, si ce n’est le recours possible (mais d’accès évidemment problématique pour beaucoup) à des immunosuppresseurs tels la ciclosporine, ou aux plus modernes – mais encore plus couteuses –  biothérapies anti-TNF. Le/la thalidomide reste bien sûr très efficace dans cette indication, mais apparaît d’utilisation difficile du fait de son risque tératogène majeur, impliquant des précautions drastiques non seulement chez la femme en âge de procréer mais également chez l’homme (du fait d’un passage dans le sperme) (autres composés cités comme potentiellement utiles dans cette situation lors de la conférence : lénalidomide – également tératogène -, montékulast et méthotrexate).

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Prophylaxie médicamenteuse (rédigé le 22/02/2017) Des nombreuses présentations effectuées sur le sujet, il ressort que plusieurs régions confrontées à des endémies élevées ont « sauté le pas » du recours large à la distribution prophylactique d’une dose unique de rifampicine dans l’entourage plus ou moins large de malades de la lèpre récemment dépistés. A noter que la surveillance sur le long terme de la cohorte de patients de l’étude princeps ayant démontré l’effet positif de cette action à 3 et à 6 ans a été interrompue, nous laissant quelque peu sur notre faim pour ce qui est du maintien sur le long terme de son efficacité (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2287265/). Cependant, des données recueillies sur des îles indonésiennes (étude cependant menée de façon non-randomisée et non-aveugle, http://www.ajtmh.org/content/72/4/443.full.pdf+html) sont en faveur d’une efficacité jusqu’à dix ans d’une prophylaxie par RMP (double dose) dans une situation où cette fois l’ensemble d’une communauté insulaire était traité préventivement (et pas seulement les contacts familiaux et de voisinage). Les difficultés opérationnelles de mise en œuvre de telles campagnes de prévention ont été par ailleurs soulignées par beaucoup d’intervenants. D’une façon intéressante, la prophylaxie par RMP apparaît en fait d’autant plus efficace que les patients sont plus éloignés génétiquement et géographiquement des cas index. Une modélisation de l’impact de différentes mesures complémentaires sur la réduction d’incidence de la maladie a été présentée. Les modèles suggèrent que les interventions les plus efficaces seraient la prophylaxie médicamenteuse des contacts domiciliaires, le diagnostic précoce de la maladie chez les contacts, et enfin l’amélioration du dépistage passif, et ce d’autant plus que ces mesures sont combinées (à noter que le rôle du BCG dans cette situation, pourtant prometteur, n’a pas été étudié https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3850918/).

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Résistance de M. leprae aux antibiotiques (rédigé le 20/02/2017) Si globalement la situation apparaît sous contrôle, avec notamment des bacilles conservant leur sensibilité aux antibiotiques prescrits lors des rares cas de rechutes survenant après PCT bien conduite, des cas préoccupants de résistance primaire à l’ofloxacine ou surtout à la rifampicine, dans des régions ou ces antibiotiques sont largement utilisés en dehors de la lèpre (traitement d’ostéites par exemple), ont été rapportés de façon réitérée (Inde, Brésil). Ainsi, les données les plus récentes recueillies par l’OMS (2011 – 2014, rechutes et nouveaux cas multibacillaires, identification des résistances par recherche de mutations sur les gènes rpoB, folP, et gyrA) font état de 4% de résistance à la dapsone, 4,3% à la rifampicine, et 1,5% à l’ofloxacine ; les cas de résistance primaire étaient majoritairement monorésistants. Des données préalablement centralisées par l’OMS de 2008 à 2010 (uniquement lors de rechutes MB) faisaient état d’une résistance à la dapsone dans 15% des cas, à la rifampicine dans 7% des cas, et à l’ofloxacine dans 1% des cas ; la plupart des souches résistantes à la rifampicine l’étaient également à la dapsone, et 2 souches étaient résistantes aux 3 antibiotiques testés. Outre que ces patients résistants peuvent poser de délicats problèmes de prise en charge (recours à des composés avec lesquels l’expérience est bien moindre qu’avec les schémas PCT OMS classiques, avec notamment une documentation très partielle du risque et des délais de rechute), un dépistage large de ces résistances (chez les malades multibacillaires, aussi bien naïfs que rechutant) apparaît hautement souhaitable. En ce qui concerne la consommation hors lèpre de la rifampicine et des quinolones, qu’on peut estimer relativement dérégulée, une prise de conscience collective serait souhaitable en même temps que des recommandations claires en la matière gagneraient à être édictées dans les zones d’endémie.

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Intérêt dans la population asiatique de dépister les patients à risque de « dapsone syndrome » par recherche de l’haplotype HLA-B*13:01 (rédigé le 25/01/2017) Parmi des patients chinois ayant reçu de la dapsone, 10% (27/250) des porteurs de l’haplotype HLA-B*13:01 présentaient un DRESS /dapsone syndrome, alors que cette complication n’était observée chez aucun des non-porteurs (0/825). Ainsi, la recherche systématique de cette prédisposition semble susceptible de faire disparaître cette complication redoutable (laquelle constitue dans l’expérience des auteurs la principale cause de décès au cours de la lèpre) par contre-indication de la dapsone en cas de présence de l’haplotype HLA-B*13:01 . Ce gène ne semble cependant relativement fréquent que dans des populations asiatiques et océaniennes, et est considéré comme absent chez les sujets d’ascendance africaine ou européenne ; une autre limite à cette découverte réside dans l’accessibilité de cette technique partout où le besoin s’en ferait sentir (lien vers l’article princeps : http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1213096 )

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Quoi de neuf dans la prise en charge des réactions de type I ? (rédigé le 21/01/2017) On attendait avec une certaine impatience les résultats des études labellisées TENLEP dont les protocoles avaient été présentés à Bruxelles. La plus novatrice, TENLEP 2, étudiait, dans les cas de réactions de type I avérées (définies comme tout déficit neurologique datant de moins de 6 mois, qu’une douleur soit présente ou pas), l’intérêt éventuel d’une corticothérapie orale à la posologie initiale de 1 mg/kg (prednisolone) étendue à 32 semaines (8 mois) par rapport au traitement de 20 semaines (5 mois) (dont la supériorité par rapport à un traitement de 12 semaines dans le traitement de réactions de type 1 sévères a été préalablement démontrée) : il en ressort qu’une durée plus longue, grevée de d’avantage d’effets secondaires, n’apportait aucun gain neurologique, et est donc en règle à éviter. TENLEP 1 quant à elle visait à étudier l’intérêt d’une corticothérapie orale systématique de 20 semaines chez tout nouveau patient présentant une atteinte neurologique infraclinique (dépistée par étude de la conduction nerveuse et de la sensibilité thermique); au final, il n’existait aucune différence de fréquence de survenue de neuropathie clinique chez les sujets traités par rapport au groupe témoin sous placebo (risque de 8,7%), ce traitement « préventif » n’est donc pas à recommander. A toutes fins utiles, rappelons que les recommandations d’ILEP sont de traiter pendant 12 semaines les névrites réactionnelles de type 1 survenant chez des malades paucibacillaires, et de 24 semaines chez les multibacillaires (http://www.ilepfederation.org/about-leprosy/publications/).

Comptes-rendus des Assemblées Générales de l’ALLF (2019; 2016)

COMPTE-RENDU DE L’ASSEMBLEE GENERALE DE L’ASSOCIATION DES LEPROLOGUES DE LANGUE FRANÇAISE (ALLF) (11 SEPTEMBRE 2019, MANILLE)

En marge du vingtième Congrès international sur la lèpre (20th International Leprosy Congress) s’est tenue l’Assemblée Générale de l’Association des Léprologues de Langue Française, conformément aux statuts de l’association. L’ordre du jour portait sur les points suivants : bilan du Bureau sortant ; proposition d’un nouveau Bureau, puis adoption s’il y a lieu ; agenda du nouveau Bureau.

Une présentation du bilan du Bureau sortant a tout d’abord été effectuée. Dans un premier temps, il a été souligné le grand succès que représentait la tenue d’une session francophone lors du Congrès international sur la lèpre. Cette initiative, qui avait déjà été possible à Beijing, a donc été renouvelée. Sans surprise, tous les membres et sympathisants de l’ALLF présents ont souligné l’importance que revêtait la tenue de cette session, et ce pour deux raisons : l’existence d’un temps de présentation et de discussion dédiés aux francophones impliqués dans la lutte contre la lèpre, qui ne tous ne maîtrisent pas la « langue de Shakespeare », apparaît déjà comme une nécessité ; mais également, la qualité des présentations effectuées par des orateurs francophones dans ce cadre, qui pour beaucoup n’avaient rien à envier sur le fond aux présentations anglophones, rendait l’existence de cette session légitime sur un plan scientifique. Le Dr Christian Johnson, président de l’ILA, a été chaleureusement remercié de l’effort ainsi consenti par les organisateurs du Congrès. Cependant, malgré le succès indiscutable de cette session, certaines critiques peuvent être énoncées : le caractère assez limité dans le temps de la durée de cette session (qui, si le temps imparti avait été plus généreux, aurait permis la tenue de conférence(s) par un ou plusieurs experts francophones sur des sujets clés…) ; mais aussi et surtout, l’absence de traduction accessible, de la session francophone d’une part, ce qui aurait permis aux non-francophones de profiter des travaux qui y étaient présentés, mais également l’absence de tout effort de traduction (en français, en espagnol…) des sessions tenues en anglais – alors que, rappelons-le, c’était le cas lors du congrès de Beijing !  Il y a donc eu, à ce niveau, une régression des capacités techniques du Congrès, ce qui est fort regrettable.

La première – et principale – activité du Bureau a été la rédaction et la diffusion du Bulletin de l’Association des Léprologues de Langue Française (BALLF), tâches qui ont été tenues au rythme de un numéro annuel. Le rédacteur en chef du BALLF a tenu à faire part de la relative difficulté de la revue à obtenir des articles. Il a été rappelé que les articles publiables sont potentiellement de nature très variable (études scientifiques, cas cliniques, cas iconographiques, articles historiques, points de vue…), et que la Rédaction de la revue était prête (elle le fait déjà couramment pour certains articles qu’elle reçoit) à apporter une aide rédactionnelle. Il a été rappelé également que les publications dans le BALLF sont à même d’être répertoriées par le CAMES. Afin de dynamiser ce secteur, il est prévu d’adresser régulièrement (plusieurs fois dans l’année) des messages de sollicitation d’articles. Sur le plan de l’accessibilité de la revue, il a été rappelé que son contenu était désormais facilement accessible « en ligne » via le site « infolep » (lien https://www.leprosy-information.org/resource/bulletin-de-lallf-revue-francophone-d-information-sur-la-lepre-et-l-ulcere-de-buruli). Pour finir avec ce sujet, l’apport logistique majeur (et irremplaçable) de la Fondation Raoul Follereau pour l’impression et la diffusion du BALLF (notamment, mais pas seulement) a été souligné, et loué.

La création du site web dédié à l’ALLF, réclamée lors de la précédente AG, a donc été effective (https://allf.medicalistes.fr/). Sa fréquentation est bien sûr dépendante de l’actualisation des pages du site. Un satellite intéressant de ce site consiste en la « liste ALLF », prévue pour être un lieu d’échange entre membres de l’ALLF (https://sympa.medicalistes.fr/wws/subindex/allf). Force est de constater le peu d’activité de cette liste.  Une riche discussion s’est engagée à ce sujet. Une possible concurrence avec la « Leprolist » anglosaxonne a été évoquée ; en fait, il ressort des discussions d’une part que Leprolist, surtout occupée par des discussions et/ou points de vue théoriques, n’a pas vraiment la même fonction que la liste ALLF, prévue pour être d’avantage une zone de discussion de cas ou situations pratiques difficiles ; et d’autre part que, encore une fois, le caractère strictement anglophone de Leprolist ne la rend pas optimalement accessible pour la majorité des francophones, notamment pour les contributions que ceux-ci pourraient avancer. Il y a donc clairement place pour la liste ALLF et the leprolist.  Une campagne d’inscription à la liste ALLF sera lancée. Par ailleurs, le Dr MY Grauwin a proposé d’effectuer une traduction en français de certaines contributions de la leprolist.

Puis, la proposition d’un nouveau Bureau a été effectuée. Celle-ci a été avalisée par vote (à l’unanimité). Le nouveau Bureau est donc le suivant : Président Dr Roch Christian Johnson ; secrétaire général Dr Antoine Mahé ; secrétaires généraux adjoints Pr Ousmane Faye et Dr Léopold Ilboudo ; trésorier Dr Georges-Yves de Carsalade ; membres du Bureau Dr Mputu, Dr Cauchoix, M. Diez, Dr Nimer, Dr Um Boock, Pr Chaise, Dr Grauwin, Dr Mondjo, M. Cissé, Dr Anita Wadagni.

Un agenda pour le nouveau Bureau a été proposé ; outre le maintien des tâches pérennes (rédaction et diffusion du BALLF…), il a été demandé de mettre l’accent sur la tenue d’une session francophone « améliorée » (plus étendue, avec traduction…) lors du prochain congrès international de la Lèpre, tâche qui devrait être facilitée par la présidence reconduite à la tête de l’ILA du Dr Christian Johnson, ainsi que sur la dynamisation de la liste ALLF. Il a été également proposé qu’un référentiel de prise en charge des réactions, pour commencer de type 1, soit élaboré au niveau de l’ALLF. Il a été également suggéré de constituer une base de données visant à servir de référentiel pour infirmiers périphériques via un e-learning.

Pour finir, les membres et sympathisants de l’ALLF ayant assisté à l’assemblée ont été conviés à un repas qui a permis de continuer les échanges dans la bonne humeur….

Dr Antoine Mahé (secrétaire général de l’ALLF)

Manille, septembre 2019


COMPTE-RENDU DE L’ASSEMBLEE GENERALE DE L’ASSOCIATION DES LEPROLOGUES DE LANGUE FRANCAISE – BEIJING, 21 septembre 2016

La deuxième session francophone du Congrès International sur la lèpre de Beijing s’est conclue par la tenue de l’assemblée générale de l’ALLF. Devant une assemblée nombreuse, témoignant de la vitalité de l’association (et qui est redevable à la Fondation Raoul Follereau pour lui donner les moyens de s’exprimer), différents points ont été abordés.
Un hommage unanime a tout d’abord été rendu à la mémoire du Dr Bobin, disparu en 2014 et qui a été le fondateur et l’animateur acharné du BALLF depuis sa création en 1996. Une minute de silence a été tenue à sa mémoire

Bilan des activités de l’ALLF (2013 – 2016)
Celles-ci ont consisté principalement en la gestion de la publication du Bulletin de l’Association des Léprologues de Langue Française (BALLF), seule revue francophone ayant pour thématique principale la lèpre et tirant à plus de 1.000 exemplaires pour chaque numéro, lesquels paraissent à un rythme annuel. Afin de faciliter l’accès à la revue, un lien dédié sur le site de Infolep a été créé, à partir duquel  les numéros depuis sont téléchargeables au format .pdf.
Une autre avancée très importante a été l’obtention de l’accréditation par le CAMES des articles paraissant dans le BALLF. Ceci doit permettre un recrutement plus important en articles originaux.

Election d’un nouveau Bureau
La composition du nouveau Bureau est la suivante :
. Président : Dr Roch Christian Johnson,
. Secrétaire Général : Dr Antoine Mahé,
. Secrétaire général Adjoint : Pr Ousmane Faye,
. Secrétaire Général Adjoint : Earnest NJhi Tabah,
. Trésorier : Dr Georges-Yves de Carsalade,
. Membres : Dr Mputu, Dr Cauchoix, M. Diez, Dr Nimer, Dr Umboock, Pr  Chaise, Dr  Grauwin, Dr Mondjo, M. Cisse
. Représentants de l’ ALLF au niveau des pays : Bénin: Dr Agossado, Burkina Faso: Dr Kafando, Côte d’Ivoire: Dr Abbet Abbet, Guinée: Dr Sacko, Mali: Dr SIDIBE, Niger: Dr Gado, Mauritanie: Dr Ould Chiia, Gabon: Dr Mondjo, Congo (RDC): Dr Mputu, Congo Brazzaville: Dr Aloumba, Burundi: Dr M. Sawadogo, Sénégal: Dr Zoubi, Tchad: Dr Djibrine Mihimit
. Représentant Fondation Raoul Follereau: M. Michel Récipon

Projets
Il a été proposé qu’un lieu d’échange organisé concernant les cas médicaux difficiles à prendre en charge soit créé. Concrètement, ceci consisterait en la création d’une « liste » dédiée aux membres de l’ALLF sur laquelle les questions posées seraient lues de chaque abonné qui peut à son tour y répondre. Les cas les plus complexes relèveraient d’avantage d’une réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) sous la forme de vidéoconférences. D’autre part, un site internet pourrait également être mis en place sur lequel figureraient liens intéressants (vers le BALLF notamment) et informations utiles. Il a également été proposé que se tienne un atelier sur la recherche opérationnelle pour les pays francophones.

Rédaction du compte-rendu : Dr Antoine Mahé

ALLF@medicalistes.fr : une liste d’échange et de partage d’informations

Présentation de la Liste de discussion de l’ALLF (Association des Léprologues de Langue Française) : ALLF@medicalistes.fr lien: https://sympa.medicalistes.fr/wws/subindex/allf  1. Qu’est-ce qu’une « liste », et comment s’inscrire à la « liste ALLF » ? Une liste de discussion, c’est un groupe de personnes qui discutent par email d’un seul et même sujet (une maladie par exemple). Imaginez deux personnes correspondant par email. Une liste de discussion, c’est un peu cela sauf que le dialogue se transforme en « polylogue », car ce ne sont plus deux personnes qui s’écrivent, mais tout un ensemble de gens. Un message posté par un des abonnés est reçu par tous les autres abonnés, et chacun peut y répondre soit personnellement, soit de manière ouverte sur la liste (ce qui se fait le plus souvent): imaginez la richesse de ces échanges ! L’inscription est gratuite, n’engage à rien, se fait de manière anonyme dans la mesure où, même si le nom et le prénom sont requis lors de l’inscription (en plus de l’adresse email), le gestionnaire du site en a l’exclusive connaissance et est par ailleurs tenu au secret. Enfin, on peut se retirer à n’importe quel moment d’une liste. La liste ALLF est dédiée aux membres de l’association des léprologues de langue française (ALLF). Pour vous inscrire à cette liste, suivez les étapes suivantes : – cliquez sur le lien suivant https://sympa.medicalistes.fr/wws/subindex/allf qui vous oriente vers la page d’accueil et d’inscription à la liste – sur cette page, cliquez sur le lien « Abonnement » dans le menu situé à gauche de l’écran – rentrez votre adresse email (vérifiez bien l’absence de faute de frappe) – attendez la demande de confirmation technique et suivez les instructions du mail – attendez la validation de votre inscription par l’un des gestionnaires de la liste (secrétariat de l’ALLF); un message automatique de bienvenue vous sera expédié à ce moment-là. – vous pouvez utiliser la liste, n’hésitez pas !  3. Fonctionnement de la liste « ALLF » La liste ALLF est destinée à faciliter les échanges entre membres de la liste. Lorsqu’un message est envoyé à l’adresse de la list (allf@medicalistes.fr, ou ALLF@medicalistes.fr) par l’un des membres, celui-ci est donc immédiatement transmis aux autres membres de la liste ALLF, qui peuvent y répondre en utilisant le mode de réponse usuel de leur boîte mail; leur réponse suivra le même circuit, etc. Les thèmes privilégiés sur cette liste sont : – les demandes d’avis sur des cas de patients malades de la lèpre posant un problème médical particulier – des questions portant sur un point technique particulier de léprologie – des informations importantes susceptibles d’intéresser la communauté des abonnés à la liste et/ou des membres de l’ALLF (annonce de congrès, parution d’un article intéressant, etc.) – les mêmes requêtes ou informations concernant l’ulcère du Buruli 4. Charte de la liste « ALLF » – Les membres de la liste de discussion sont tenus de respecter la déontologie médicale, ils doivent  porter attention à la rédaction du contenu de leurs messages car les emails qu’ils adressent au groupe engagent leur responsabilité. – lors de la soumission de photographies de patients, il faut faire l’effort d’anonymiser les clichés (suppression de toute référence du nom du patient, éviter les clichés de visage, cacher les yeux lorsqu’un cliché de visage est nécessaire, focaliser sur la lésion à montrer chaque fois que possible, etc.) – Veuillez à manipuler l’humour avec prudence et n’hésitez pas à ajouter un smiley :-), :o), etc., ou à le préciser. Cela évitera des malentendus: http://www.medicalistes.org/smileys.php – Transmettre un message personnel à une liste de diffusion sans l’accord de l’auteur du message représente une faute grave: http://www.medicalistes.org/legislation.php – Par ailleurs, même si ce n’est pas du même ordre, nous rappelons que les messages d’ordre privé relèvent d’échanges directs entre les personnes concernées et n’ont normalement pas à figurer sur la liste

Lire le BALLF en ligne, c’est possible !




Information importante aux lecteurs du BALLF

Les contenus des numéros du Bulletin de l’association des léprologues de langue française (BALLF) à partir de 2005 sont disponibles sur le site de l’association infolep (que nous remercions au passage pour cet hébergement), via le lien suivant:

https://www.leprosy-information.org/resource/bulletin-de-lallf-revue-francophone-d-information-sur-la-lepre-et-l-ulcere-de-buruli

Nous vous souhaitons une bonne lecture !